Derniers sujets

Les événements d'Anima

Aller en bas

Anima
ADA
SGF

-
-

INT
PRE

-
-

PER
CAR

-
-
Anima

-
-
AcrobatiesSurvieArts et artisanatDéterminationCorps à corpsIntimidationMédecine et soinsSavoir et cultureComédieNégociationCharismeSéductionVigilanceEmpathieCombat à distanceManoeuvreRésistanceNature et dressage

le Jeu 2 Mai 2019 - 18:32

2019-04-11

« Et qu’attendez-vous de moi, exactement ? », s’enquit l’homme en bout de table, un sourcil perplexe arqué bien haut. « Que j’envoie l’armée ? Que je retire de force le fruit du labeur d’une cité appauvrie ? »

« Nous n’avons pour objectif que le bien du Royaume, majesté », répondit l’ainé des Ludrist.

« Vous n’avez en tête que votre profit, surtout ! », intervint, colérique, le Seigneur Duval, de la province du même nom, attenante au territoire de Naporia. « Si nous attaquons, que pensez-vous qu’il se passera ? Que l’Empire fermera les yeux sans broncher ? »

« C’est exactement ce que nous pensons, sauf votre respect, messire. »

« Je ne savais pas que les firmes avaient été nommées générales ! », s’exclama le voisin de Duval, démarrant les hostilités en emportant avec lui le reste de ses pairs, dans une cacophonie qui devenait doucement assourdissante.

« Silence », fit Mercor Glittory, d’une voix tout juste audible.

« Nous sommes, tout comme vous, Seigneurs du Royaume Austr- … »

« SILENCE ! », tonna-t-il, coupant le souffle de l’attablée bien trop nombreuses.

« Tout comme les représentants d’Atrium, Golea et Horus, je suis conscient du risque industriel et économique que posent les bateaux volants de Naporia depuis deux ans », débuta-t-il avant de regarder ces derniers, à l’autre bout de la table. « Et oui, tout comme vous, je suis pleinement convaincu que leurs ingénieurs proviennent du Royaume Austral. »

Les entrepreneurs ne purent retenir un sourire mesquin à l’adresse de Duval et ses alliés, rassurés de leur pouvoir d’ingérence sur les décisions d’état, mais bien vite rappelés à l’ordre par la réalité.

« Cependant, je ne peux mettre de côté les avertissements de mes autres Seigneurs. Une guerre avec Naporia ne signifie pas que cela : c’est une intrusion en terres impériales. Je n’ai pas besoin de vous rappeler que la ville a un pied de chaque côté du détroit. A l’heure actuelle, notre seule chance reste de miser sur les ingénieurs qui nous sont fidèles, ceux-là même qui ont réussi à reproduire les bateaux volants naporiens. »

« De bien moindre facture », se risqua à voix basse le patriarche des Karienne à ses collaborateurs, malheureusement trahit par le silence peu opportun du souverain.

« De bien moindre facture, oui », admit le Roi. « Raison pour laquelle nous attendons des firmes qu’elles redoublent d’efforts pour atteindre la qualité des productions de la ville neutre. »




« Qu’en pensez-vous, Conseiller Zhouyu ? »

« Qu’il s’agit-là de votre domaine d’expertise, Généralissime », répondit humblement le Conseiller, sans oser utiliser son autre surnom face à la maîtresse des lieux. « Si vous dîtes que le risque existe, nous ne pouvons l’ignorer. »

« Que suggérez-vous, Fujiyama ? », s’enquit, avec son flegme habituel et son ton autoritaire, l’impératrice de l’Empire Nuwa.

« Je ne pense pas qu’une invasion de la cité neutre soit dans notre intérêt à court terme », débuta la Généralissime Fujiyama Akio. « Mais il est certain que des mouvements militaires nous en apprendront davantage sur leurs intentions : hostiles, ils prendront Naporia sans attendre ; neutres, ils déplaceront leurs propres troupes pour défendre leur territoire ; inexistantes … vous connaissez mon point de vue, Impératrice Woo Li. »

« Et je le partage », intervint-elle, claquant des doigts pour qu’un serviteur – homme, évidemment – lui apporte un rafraichissement sans que jamais elle ne lui adresse ne serait-ce qu’un regard.

« A quels mouvements songez-vous ? » Zhouyu Guan n’était, de par ses attributions, pas censé interférer dans les décisions militaires – après tout, que pourrait bien savoir un homme de la guerre ? – mais disposait de l’affection des Woo, en particulier de sa matriarche d’impératrice.

Sans attendre et manifestement préparée à cette tournure de situation, la Généralissime déplia une carte d’Anima, incluant le territoire Vigescien.

« Puisque la Vigescie ne représente pour l’instant pas un danger, je suggère d’alléger nos défenses à l’Est. Nous redirigerions ces dernières sur les côtes Sud, proches de Naporia. »

« Et les forces intérieures ? », s’enquit l’impératrice.

« Je le déconseille. D’ici quelques années, il y a fort à parier que nous n’entendions plus parler de bateaux volants silkiens, mais de flottes. Nous devons préserver la sécurité de nos territoires, et conserver les forces intérieures à leurs affectations actuelles. »

« Nous devons, Généralissime ? » Woo Li fronça les sourcils à l’adresse d’une Fujiyama qui, si elle avait pour réputation de ne pas connaître la peur, n’était pas reconnue pour sa bêtise.

« Devrions, impératrice Woo Li », se corrigea-t-elle simplement, comme s’il s’agissait d’une erreur d’élocution.




« Qu’ils viennent ! On les attendra de pied ferme, avant de leur botter le cul avec ! », s’agaça Miss Harriett en tapant du poing, provoquant les soupirs de ses pairs et renversant le verre – fort heureusement vide – de Lady Gang.

« Hurler et gesticuler des bras n’apportera rien de constructif », intervint le Baron Han en se frottant les yeux, las. « Notre unique porte de sortie est la politique : nous devons nous assurer qu’Empire et Royaume fassent la paix. Ainsi n’auront-ils ni raison ni opportunité de nous envahir. »

« L’Empire Nuwa peut-être, Baron. Mais que faites-vous du Royaume Austral ? », s’enquit Lady Gang, bouche derrière ses mains liées et coudes sur la table.

« Le Royaume Aus-… »

« Il peut bien aller se faire mettre, le Royaume ! », s’exclama la cheffe des Lames Noires en se levant d’un bond, faisant voler son tabouret d’un coup de pied puissant pour mieux se diriger vers la sortie, sous le regard agacé du Baron et amusé des deux autres.

« … je disais donc, le Royaume Austral ne pourra lancer une guerre sans se mettre à dos les régions voisines à Naporia. Le seul motif économique est bien trop insuffisant, même pour des silkiens. »

Lady Gang secoua doucement la tête, manifestement en désaccord. « Vous oubliez une chose importante concernant nos amis du Sud : l’amour qu’ils portent à leur égo. Devenir les meilleurs ingénieurs d’Anima n’est pas seulement leur prouver notre supériorité industrielle. Non, en les privant de leur génie, nous les privons de leur intelligence supérieure. Nous les insultons. Et rien n’est plus dangereux qu’un silkien froissé. »

Silencieux jusqu’alors, Orokh se racla doucement la gorge, signe simple mais clair qu’il s’apprêtait à prendre la parole, tout en prenant le temps d’avaler une première gorgée de sa boisson. « J’ai une autre proposition : alimenter les tensions sans en permettre l’explosion. »

« C’est-à-dire ? », interrogea le baron.

« Notre seule porte de sortie est la suivante : le Royaume Austral ne souhaite pas entrer en guerre avec l’Empire Nuwa. L’Empire Nuwa craint d’affronter directement le Royaume Austral. Si nous semons la graine de la discorde tout juste suffisamment pour que les étincelles ne restent que cela, l’un et l’autre continueront de se toiser sans oser se sauter au cou. Et Naporia, elle, restera fruit convoité mais toujours interdit. »




Le brouhaha était terrible, les groupes de chaque côté de l'hémicycle se réunissaient, certains criaient vers l'autre côté. Seuls les membres du Zarath se tenaient silencieux, habitués à déchaîner les furies des autres et obéissant strictement à la ligne de conduite donnée par leur leader, Asifa. Haïrs leva le doigt vers elle et les siens se turent au deuxième mot !

« Vous allez emmener notre peuple à la guerre pour satisfaire votre soif de vengeance ! Et le peuple vigescien n'a pas besoin de nouveaux drames… Nous nous entendons avec nos voisins, nos cristaux se commercialisent de par le monde. Nous avons la paix Asifa, nos enfants grandissent sans craindre d'aller faire office de chair à canon pour un jeu de pouvoir qui ne les concerne pas. Nous avons décidé de nous réconcilier avec les silkiens, tes tentatives de manipulation ne marcheront pas ! »

Il fut appuyé par de nombreux cris de ralliement. Les représentants essayant de prendre la parole tous en même temps, se coupaient et faisaient part de leur assentiment. Seul le petit groupe du Zarath restait, isolé de tous, silencieux. Le groupe tapa d'un geste sur le sol avec le pied, pour surprendre les autres et laisser à Asifa l'instant suffisant pour qu'elle puisse prendre la parole.

« Cher Haïrs… dans quelle Vigescie vis-tu… ? J'aimerais te croire mais comme tu sais, nos voisins nous pensent encore des monstres chancreux. Ils nous poignarderont dans le dos dès qu'ils le pourront. Bientôt ils marcheront sur Naporia pour récupérer les bateaux volants. Et penses-tu qu'ils continueront de nous acheter les cristaux alors qu'ils pourront s'en emparer ? Nous sommes forts, mais dispersés. Les silkiens nous réduiront en poussière plus sûrement qu'Armasdem ou que des hordes de chancreux. Clan par clan. Et nos enfants comme tu dis… ils auront vécu dans la paix… jusqu'à leur mort. C'est un destin que nous refusons. »

Cette déclaration jeta un blanc. Elle était douée pour manier les mots, la crainte se saisit d'eux. Haïrs balaya ses propos d'un geste de la main.

« Et que proposes-tu ? Que nous créions une armée ? Nous sommes libres par nature, nous n'allons pas nous rassembler pour attaquer un ennemi qui ne nous a rien fait et entrer dans une spirale guerrière ! »

Les soutiens semblaient moins nombreux, le brouhaha s'était un peu éteint.

« Vous ne vous rendez pas compte, nous sommes à l'orée d'une guerre qui vous dépasse. Si nous ne voulons pas être les grands perdants d'Anima… il faut nous préparer. Le Zarath est prêt à accueillir qui veut défendre les intérêts des vigesciens et qui est prêt à agir pour protéger les siens… et pas rester dans un immobilisme craintif en préférant ses voisins à son clan. »

Ils se renvoyaient la balle, rivalisant de déclarations enflammées. Les représentants les écoutaient, certains doutaient et réfléchissaient, d'autres soutenaient leur chef de file sans condition. L'ambiance qui s'échauffait éclata lorsque deux représentants faillirent en arriver aux mains et les pacificateurs firent leur apparition pour calmer le jeu. Chaque groupe retourna dans ses emplacements, l'esprit en ébullition. Chacun était face à un choix. Asifa était satisfaite, elle sentait son heure venir. Haïrs s'inquiétait d'une situation qui s'envenimait, il craignait par-dessus tout une escalade de violence.



Ca y est, nous voici enfin en bêta-test ! Si les inscriptions d'ores et déjà sont ouvertes, il est à noter qu'il existe encore des améliorations en cours de développement sur le site. N'hésitez de fait pas à nous faire vos retours, que ce soit par Discord ou directement sur le forum !


Revenir en haut